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Témoignage au sujet d’un élevage bovin en Loire Atlantique

25 juillet 2008

Article écrit par Isabelle Bigeard

Les faits : problèmes et interventions.

A la suite de problèmes d’infécondité assez importants sur notre élevage (taux anormalement élevé de métrites alors que les vêlages se passent bien dans l’ensemble), nous avons fait les recherches habituelles pour trouver des solutions. Nous n’avons pas constaté de désordres alimentaires (acides, sub-acidoses ou autres). Nous avons alors fait des recherches du côté sanitaire : pas de BVD, pas de néosporose, pas de chlamydiose, des taux intermédiaires de fièvre Q. Nous avons alors vacciné contre cette maladie au Coxevac.
Cela n’a pas apporté d’amélioration significative. Dans le même temps, nous avions des vaches dont la production de lait chutait brutalement sur deux ou trois jours puis reprenait ensuite. Des vaches, également, ont eu une diarrhée sur quelques jours, sans raison apparente, puis tout redevenait normal. Ces problèmes tournaient, sur l’élevage, d’une bête à l’autre. Nous avions des vaches qui semblaient en forme, mais marchaient « comme sur des œufs ». Leurs poils n’étaient pas frais et luisant, malgré le soin apporté à l’alimentation.

Après avoir lu un article sur la géobiologie dans « Réussir Lait élevage », nous avons commencé à nous poser quelques questions. Nous avons alors décidé de faire venir quelqu’un de compétant dans ce domaine. Grâce à la personne qui témoignait dans la revue, nous avons pris contact avec Messieurs Jean Uguen et Jean-Claude Goacolou, géobiologues. Nous avons pu mettre en évidence des nuisances telluriques venant de deux pylônes de téléphonie mobile : l’un (propriété de SFR) situé sur la commune de Derval au lieu-dit « La Brière », le second sur le terrain de foot dans le bourg de Lusanger.

 

Ces deux pylônes, distants de 5 et 7 Km de l’élevage, sont situés sur des lignes qui rejoignent des failles en passant sous les bâtiments de notre exploitation. Après avoir neutralisé les nuisances des deux pylônes avec des dispositifs spécifiques, nous n’avons plus constaté d’anomalies chez les animaux. On a même observé une augmentation de la production laitière sans rien changer à la ration. Nous avons remarqué d’emblée des vaches plus calmes, se déplaçant mieux sur leurs pattes, un taux cellulaire (leucocytes ?) qui baisse de 50 000/ml de lait en un mois. A partir de cette date, nous n’avons plus constaté d’irrégularités de production, ni de diarrhées sur les vaches, et nous avons divisé par 2,5 nos frais vétérinaires.

Au moments des faits, nous étions en novembre et décembre 2006.

Au début de l’été 2007, nous avons senti quelques bizarreries recommencer comme diarrhées et chutes de production de lait. Ca semblait peu important et épisodique, mais c’était à nouveau des choses surprenantes et sans logique. Puis les problèmes sont réapparus crescendo jusqu’à être virulents à partir de la mi-août. Les métrites ont repris elles aussi, les cellules somatiques (leucocytes ?) dans le lait sont montées en flèche. On n’avait pas connu pareils problèmes auparavant, de façon aussi récurrente. Chose exceptionnelle sur notre exploitation, j’ai perdu 2 génisses de 3 semaines à cause de problèmes pulmonaires graves, alors que, chez nous, les rares pertes de veaux arrivent plutôt à la naissance qu’en cours d’élevage. Là encore, entre juin et fin août, les frais vétérinaires avaient considérablement augmenté.

Le plus surprenant, c’était que les vaches, quand elles étaient en stabulation, étaient comme parquées sur environ 80 m2 alors qu’elles disposent du double ( triple ! : ?) d’espace. Il y avait 70 vaches, entassées, tous les jours, tout le temps au même endroit.

Au même moment, les éoliennes sortaient de terre à Derval et nous avons fait le rapprochement entre le commencement des nuisances dans l’élevage et le début des travaux de fondations des éoliennes. Les problèmes des vaches se sont amplifiés au fur et à mesure de l’édification des éoliennes. C’est l’éolienne n°7 qui concernait notre exploitation, mais d’autres éleveurs ont été touchés eux aussi dans leurs cheptels par d’autres éoliennes du même site. Nous avons dès que possible fait de nouveau appel à Jean Uguen et nous avons neutralisé, en partie l’éolienne n°7. Elle émettait des nuisances de type tellurique comme nous en avions subi auparavant avec les pylônes de téléphonie mobile. En quelques minutes, les animaux ont repris tout l’espace du bâtiment ! En quelques semaines, les cellules sont passées de 315 000 à 147 000/ml de lait. La production a à nouveau remonté sans rien changer à la ration. Les problèmes de métrite eux, sont plus délicats à solutionner, car certaines vaches peuvent rester infécondes après de telles inflammations.

Situation précaire et solutions préconisées :

Après décembre 2006, nous nous pensions tirés d’affaire ; mais nous nous sommes très vite rendu compte que le fait d’avoir un bâtiment construit au croisement de trois failles fragilise considérablement notre élevage et notre sérénité. En effet, ces failles véhiculant des nuisances, nous sommes, et nous seront constamment exposés à tout ce qui change dans notre paysage. S’il se construit un nouveau site éolien, ça nous mettra tout de suite en éveil, et nous observerons les réactions de animaux pour savoir si ça les perturbe ou non. Mais d’autres interventions sur l’environnement ne sont pas visibles comme par exemple, les modifications au niveau d’antennes relais de téléphonie mobile , augmentation de l’intensité ou la fréquence des ondes…). Les populations qui vivent au voisinage n’en sont pas forcément informées, et pourtant, ça perturbe l’équilibre des élevages et de nos lieux de vie. Combien de temps nous faudra-t-il encore subir ces nuisances, le cas échéant, avant d’en détecter l’origine et d’intervenir pour neutraliser leurs effets ?

Nous avons, en tant qu’éleveurs, une épée de Damoclès au dessus de la tête. Nous vivons toujours dans le doute en observant les petits changements de comportement des animaux. Nous vivons toujours avec la hantise de retomber dans des problèmes dramatiques pour la santé de l’élevage (et des éleveurs, il ne faut pas le négliger).

Nous voulons, en tant qu’éleveurs, que chaque éolienne, que chaque pylône qui créé ou qui est susceptible de créer des nuisances, soit expertisé, et, si c’est nécessaire, équipé de dispositif pour le bien-être de tous et pour la survie de nos élevages. Cela est essentiel. Il faut absolument se fier au ressenti des animaux (qui nous montrent, par leur comportement s’il y a nuisance ou non), et à celui des géobiologues. La neutralisation n’est pas onéreuse. Elle est efficace. Nous avons pu le constater à deux reprises déjà et depuis nous racontons notre histoire autour de nous. Certains agriculteurs, proches ou loin, qui avaient des problèmes « sans solution », se sont penchés sur la question. Nous organisons, en juin sur notre département, une conférence sur la géobiologie. Nous souhaitons développer la crédibilité de ces techniques. Nous voulons faire bouger les choses. Nous aimerions que la recherche s’y penche un peu plus (même si EDF fait déjà des expérimentations). Il y a beaucoup d’informations à faire passer sur le sujet. Il faut choisir les lieus d’implantation en tenant compte des lignes qui risquent de véhiculer les nuisances. Il ne faut pas faire des installations n’importe comment ni n’importe où. Par exemple, des plaques photovoltaïques peuvent être placées au dessus du fourrage ou du matériel mais pas au dessus des animaux (elles perturbent par rayonnement). Il ne faut pas multiplier à tout va les transmissions par ondes (Wi Fi) etc …

Nous voulons que les nuisances qui nous touchent soient reconnues par ceux qui les émettent et que les responsables se mettent en relation avec les populations riveraines pour nous informer des modifications à venir etc … et que nous puissions ensemble mettre en place les neutralisateurs pour le bien-être de tous.

Elevage avant neutralisation Elevage avant neutralisation 2     les vaches n’occupent qu’une faible parti du batiment en évitant les zones pertubés par les nuisances


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